CPGE>MPSI-PCSI>

Tout savoir de la prépa scientifique…
Entretien avec un élève brillant

 

 

  • Bonjour Clément.
    Tu es un ancien élève de la filière PCSI-PC* du lycée Albert Schweitzer qui a brillamment réussi tous les concours et qui a décidé d’intégrer la prestigieuse école de l’ESPCI qui recrute sur le concours ENS-Polytechnique.
    Peux-tu nous dire quel style d’élève tu étais au lycée ?

    J’étais un élève moyen, mais sans jamais vraiment travailler: notes autour de 12, un rapport pas toujours évident avec mes profs dû à l’absence de travail.
  • Pourquoi as-tu choisi d’aller en prépa ? Qu’espérais-tu faire après ?
    J’ai fait prépa « par défaut » parce que j’étais intéressé par pas mal de choses et que cette voie me fermait le moins de portes. J’étais particulièrement intéressé par la recherche et l’ingénierie R&D.
  • Comment s’est passée ton année de PCSI ? En quoi l’année de sup est-elle différente d’une année de TS ? As-tu des conseils à donner ?
    Mon année de PCSI c’est très bien passé, parce qu’elle a été très différente de ma TS: déjà parce que les cours sont vraiment plus intéressants qu’au lycée (on comprend enfin ce qu’on fait au lieu d’appliquer bêtement des méthodes), mais aussi parce que je me suis mis au travail, régulièrement et toute l’année. C’est d’ailleurs le seul conseil que j’ai à donner : travailler ponctuellement un grand nombre d’heures est extrêment contre-productif. Il faut réussir à s’astreindre à 2-3h de travail tous les soirs, et ce dès la première semaine de cours: le retard s’accumule très vite en prépa.
  • Tu as ensuite été admis en PC*. L’année de spé est-elle vraiment plus dure que celle de sup ? Est-ce plus stressant ou plus motivant de se dire qu’il y a les écrits des concours en avril ?
    L’année de spé n’est pas plus dure par son contenu en lui même, mais plutôt par la taille du programme et le peu de temps pour le boucler: on a moins de temps pour comprendre, et il faut d’autant plus travailler régulièrement. L’hiver est assez rude niveau moral, c’est difficile de tout donner en février.L’approche des concours ne m’a pas vraiment stressé ni motivé, je n’ai réalisé que quelques jours avant le début des écrits que cette fois c’était pour de vrai. J’imagine que tout le monde gère différemment ce possible stress.
  • Comment t’es-tu préparé aux écrits ? As-tu là encore quelques conseils à donner aux étudiants de spé ?
    Mon conseil, c’est de se faire un emploi du temps stable pendant toutes les révisions. Personnellement, je révisais 3h le matin les cours et TD des chapitres où je n’étais pas sûr de moi, et l’après-midi était réservée aux annales (1 ou 2 par jour, selon la longueur). Ne pas hésiter à prendre une grosse pause le midi (2h pour moi), et surtout se détendre le soir sans se coucher trop tard.
  • Combien de temps dure la période des écrits ? Qu’est-ce qui a été le plus dur à vivre : la durée ? les trajets ? la difficulté des épreuves ? Comment as-tu fait pour rester efficace ?
    Cela dépend du  nombres de concours, j’en ai eu pour plus d’un mois en passant tout sauf e3a. Le plus dur est de tenir la distance, ne pas se fatiguer, garder un rythme marathonien. Il faut aussi réussir à se reconcentrer après une épreuve ratée et ne pas laisser celle-ci affecter les suivantes.Je pense qu’il faut, entre les concours, s’aménager des pauses d’une journée sans travail pour souffler un peu.
  • Que se passe-t-il après les écrits ? A-t-on le temps de « récupérer » ?
    Pas vraiment, encore une fois cela dépend du temps entre derniers écrits et premiers oraux. J’ai décidé de prendre 3-4 jours de ‘vacances’ où je ne faisais que relire mes cours pendant 1 heure ou 2, mais ensuite j’ai tenté de reprendre un rythme de révisions plus soutenu.
  • Savais-tu à l’avance que tu aurais de très bonnes admissibilités ?
    Finalement, à quels concours as-tu été admissible ? Te sentais-tu prêt pour les oraux ?
    Pas du tout ! J’ai été admissible à toutes les écoles auxquelles j’ai candidaté (notamment polytechnique, Ulm, ESPCI, Centrale Paris, Mines Paris), et j’étais surpris d’avoir eu de si bons résultats. Pour ces écoles, non, je ne me sentais pas prêt du tout pour les oraux, c’était la panique ! Surtout que ma semaine d’oraux ENS commençait moins de 2 semaines après l’annonce des admissibilités.
  • Ensuite, comment se sont déroulés tes oraux ?
    J’ai commencé mes oraux par la décision, aux vues de mes notes aux écrits, de ne pas passer ccp, car j’allais (sauf si je n’allais pas aux oraux) forcément avoir une école qui me plaisait plus. Cette décision m’a bien aidée car malgré tout, j’ai fini les oraux sur les rotules. Les oraux, c’est long, il faut parfois beaucoup attendre (trous de 3-4h dans une journée en étant sur le campus de supélec..), et c’est difficile d’enchainer après un oral raté. Le moral peut très vite sombrer et il faut faire attention : je recommande de bons bouquins pour attendre (certains concours interdisent les téléphones en salle d’attente!), de la musique, et du chocolat pour se remonter le moral après un oral désagréable.
  • Doit-on attendre longtemps pour avoir les résultats ? Comment as-tu vécu cette attente ?
    Tout dépend de si on est vite pris ! Des amis de l’ESPCI étaient encore en attente à la rentrée en Septembre! J’ai été pris au premier tour à l’ESPCI, donc c’était relativement rapide, même si les 2-3 semaines d’attente étaient stressantes.
  • Etais-tu admis à plusieurs écoles ? Pourquoi as-tu choisi l’ESPCI ?
    Oui j’étais admis dans de nombreuses écoles prestigieuses. J’hésitais entre Centrale Paris, ENS Paris-Saclay (ex Cachan) et l’ESPCI. Le choix était complexe mais j’ai finalement classé l’ESPCI pour son cursus pluridisciplinaire (notamment de la biologie), son ouverture recherche/R&D et sa localisation (Paris V).

  • As-tu fêté ta réussite? As-tu profité de tes vacances entre les résultats et la rentrée ?
    Après avoir été admis à l’ESPCI, oui j’ai fêté et oui j’ai bien profité des vacances!
  • Qu’est-ce qui change de la prépa quand on est en école d’ingénieur ? Travaille-t-on autant ?
    Tout dépend de sa volonté. J’ai quand même beaucoup d’heures de TP et TD, mais en dehors des périodes pré-partiels je ne travaille pas beaucoup : la vie sociale et associative est, en tout cas à PC, très remplie et je ne m’ennuie pas même sans travailler!
  • Finalement, à ton avis, qu’apportent ces 2 années de prépas ?
    Une rigueur et une efficacité sans égales: c’est la raison pour laquelle on peut se permettre de ne travailler que peu avant les partiels : il suffit de se mettre ‘en mode prépa’ pendant 2 semaines!
  • Quels conseils donnerais-tu à un élève de TS qui veut devenir ingénieur ?
    Travailler beaucoup et régulièrement en prépa, ne pas se décourager parce qu’il y a beaucoup de places en école d’ingé publique. Bien profiter des vacances avant la prépa, et puis s’y mettre pour 2 / 3 ans !
  • Pour terminer, quel est ton meilleur souvenir de prépa ?
    Les cours de maths de première année, pendant lesquels j’ai énormément appris et qui m’ont fait aimer les maths!
  • Autre chose ?
    Profitez de la prépa autant que faire se peut, on apprend beaucoup de choses intéressantes malgré le rythme effrené! Et venez à l’ESPCI nombreux les prochaines années 😉
  • Merci beaucoup Clément pour cet entretien. Tous mes vœux de réussite pour la suite de tes études !
    Merci beaucoup, et bon courage à tous les taupins !

Un lycée pour réussir